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Flux de trésorerie

Comprendre le Cash-Flow et analyser les flux d’exploitation, d’investissement et de financement.

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1 Le Cash-Flow Comprendre sa signification et le calculer selon les méthodes directe et indirecte.

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Le Cash-Flow

Signification

En traduisant ce terme, nous pourrions croire que le Cash-Flow correspond à un "Flux de cash" et donc, à un flux de trésorerie. Ce n'est pas le cas.

D'ailleurs, si nous calculons le Cash-Flow et la variation de notre trésorerie, nous n'arrivons pas au même montant.

En effet, le Cash-Flow ne s'intéresse qu'aux éléments liés à l'exploitation de l'entreprise. Il ne tient pas compte de la politique d'investissement ni de celle relative au financement.

Le document qui permet d'expliquer l'évolution de la trésorerie de l'entreprise s'appelle le tableau des flux de trésorerie.

Revenons à notre Cash-Flow. Permet-il au moins d'expliquer la variation de trésorerie du seul secteur d'exploitation ? Seulement si toutes les opérations se font au comptant.... ce qui est rarement le cas.

Bref, pour mieux comprendre ce qu'est le Cash-Flow, il convient de voir comment il se calcule.

Calcul du Cash-Flow

Il existe deux méthodes pour déterminer le Cash-Flow :

  • La méthode directe
  • La méthode indirecte

À noter que nous arrivons au même résultat avec les deux méthodes.

Méthode directe

Formule : Produits avec effets monétaires - Charges avec effets monétaires.

Explications :

Première constatation : nous prenons en compte des charges et des produits. Cela explique pourquoi le Cash-Flow s'intéresse au secteur d'exploitation. Il s'intéresse aux charges et aux produits de l'entreprise et donc, à son exploitation.

Deuxième constatation : nous ne nous intéressons ici qu'aux charges et produits avec effets monétaires. A savoir, à celles et ceux qui font théoriquement sortir ou entrer de l'argent. 

Par conséquent, dans cette méthode nous prendrons en considération les salaires mais pas les amortissements.

Méthode indirecte

Formule : Résultat + Charges sans effets monétaires - Produits sans effets monétaires

Explications :

Première constatation : nous prenons en compte cette fois, uniquement les charges et les produits qui ne font ni entrer ni sortir de l'argent. 

Deuxième constatation : cette méthode part du résultat de l'entreprise (Bénéfice ou perte) et le corrige en ajoutant les charges qui l'ont fait diminuer sans pour autant que de l'argent soit sorti et en enlevant les produits qui l'ont fait grandir sans que de l'argent ne rentre. À noter que si nous partons d'une perte, il conviendra de la faire figurer dans le calcul avec le signe "-".

Illustration du cours

2 Tableau des flux de trésorerie Distinguer les flux d’exploitation, d’investissement et de financement.

Tableau des flux de trésorerie

Comprendre la variation des liquidités

Entre le début et la fin d’un exercice comptable, le montant des liquidités de l’entreprise évolue.

À première vue, nous pourrions penser qu’une augmentation des liquidités est forcément une bonne nouvelle et qu’une diminution doit nous inquiéter.
Ce serait trop simple !

Même pour un ménage, disposer de davantage d’argent sur son compte bancaire à la fin de l’année ne signifie pas nécessairement que le budget a été bien géré. Cette augmentation pourrait, par exemple, provenir d’un emprunt.

Pour une entreprise, le raisonnement est exactement le même.

Il ne suffit donc pas de constater que les liquidités ont augmenté ou diminué. Il faut surtout comprendre d’où vient cette variation.

Pour cela, le tableau des flux de trésorerie répartit les mouvements de liquidités en trois secteurs :

  • Exploitation : les flux provenant de l’activité économique courante de l’entreprise
  • Investissements : les flux liés aux achats et aux ventes d’actifs immobilisés 
  • Financement : les flux liés aux capitaux permanents ainsi qu’aux dividendes versés

1. Secteur Exploitation

Le flux de trésorerie provenant de l’exploitation correspond au Cash-Flow effectivement encaissé par l’entreprise.

Nous partons du Cash-Flow calculé selon la méthode directe : Produits avec effets monétaires – Charges avec effets monétaires

Mais ce montant reste encore théorique. En effet, une vente comptabilisée n’est pas nécessairement encaissée immédiatement et un achat n’est pas forcément payé au moment où il est enregistré.

Il faut donc tenir compte de l’évolution des créances clients et des dettes fournisseurs.

Dettes fournisseurs

Si les dettes fournisseurs augmentent, cela signifie qu’une partie des achats comptabilisés durant l’année n’a pas encore été payée. L’entreprise a donc conservé davantage de liquidités.

À l’inverse, si les dettes fournisseurs diminuent, l’entreprise a payé non seulement ses achats de l’année, mais également une partie des dettes provenant de l’exercice précédent. Cela représente une sortie supplémentaire de liquidités.

Créances clients

Le raisonnement est inverse pour les créances clients. 

Si les créances augmentent, une partie des ventes comptabilisées n’a pas encore été encaissée : il faut donc diminuer le Cash-Flow. 

Si les créances diminuent, l’entreprise a encaissé davantage que les ventes réalisées durant l’année, notamment grâce au paiement d’anciennes créances : il faut donc augmenter le Cash-Flow.

En résumé :

Flux de trésorerie d’exploitation = Cash-Flow + augmentation des dettes fournisseurs – diminution des dettes fournisseurs + diminution des créances clients – augmentation des créances clients

2. Secteur Investissements

Le secteur Investissements regroupe les mouvements de liquidités liés aux actifs immobilisés. 

L’achat d’une machine, d’un véhicule ou d’un immeuble entraîne une sortie de liquidités. 

À l’inverse, la vente d’un actif immobilisé provoque une entrée de liquidités. 

Nous pouvons donc résumer :

Flux d’investissements = Encaissements provenant des ventes d’actifs immobilisés – Paiements liés aux achats d’actifs immobilisés

Un flux négatif dans ce secteur n’est pas nécessairement inquiétant. Il peut simplement signifier que l’entreprise investit pour son avenir.

3. Secteur Financement

Le secteur Financement explique les mouvements de liquidités liés aux capitaux permanents de l’entreprise.

Une augmentation des dettes à long terme ou des capitaux propres apporte de nouvelles liquidités à l’entreprise.

À l’inverse, le remboursement de dettes à long terme, la diminution des capitaux propres ou le versement de dividendes provoquent des sorties de liquidités.

Nous pouvons donc résumer :

Flux de financement = Entrées liées aux capitaux permanents – Sorties liées aux capitaux permanents et aux dividendes

Total du tableau : la variation des liquidités

Les trois secteurs permettent finalement d’expliquer l’ensemble de l’évolution de la trésorerie :

Flux d’exploitation + Flux d’investissements + Flux de financement = Variation des liquidités

Le résultat obtenu doit correspondre à la différence entre les liquidités figurant au bilan final et celles du bilan initial.

Comment interpréter le tableau ?

Une augmentation des liquidités n’est pas automatiquement synonyme de bonne santé financière. Ce qui compte avant tout, c’est de comprendre comment ces liquidités ont été générées.

Le secteur Exploitation mérite une attention particulière. L’activité courante de l’entreprise devrait normalement générer un flux positif : l’entreprise doit être capable de produire des liquidités grâce à son activité économique.

Le secteur Investissements peut parfaitement présenter un flux négatif. Une entreprise qui achète de nouvelles machines ou modernise ses installations dépense des liquidités aujourd’hui afin de préparer son activité future.

Enfin, le secteur Financement doit être interprété en fonction de la situation. Un flux négatif résultant du remboursement d’une dette à long terme peut être un signe positif. À l’inverse, un flux fortement positif parce que l’entreprise doit constamment emprunter pour compenser un flux d’exploitation négatif peut révéler une situation plus préoccupante.

Le tableau des flux de trésorerie ne nous indique donc pas seulement combien les liquidités ont varié. Il nous explique surtout pourquoi elles ont varié.

Exemple de tableau des flux de trésorerie :